« The King or The Bird » de Yellow Son, un clip « interplanétaire » réalisé par Jonathan Cohen.
Yellow Son est le nom d'un indépendant français de 27 ans, Anthony Jorge. « Lurking Climb EP », son premier EP 4 titres, propose une électro Pop légère et subtile, très personnelle, qui nous renvoie immanquablement à des impressions et des sentiments intimes, profonds, aériens. L'enfance n'est jamais loin. Le clip du titre « The King or The Bird » se devait de traduire cette énergie et cette fraîcheur communicatives...
Le clip, produit par ChezEddy, est réalisé par Jonathan Cohen, un des fidèles superviseurs visuels du studio. Première réalisation pour le premier clip d'un artiste en devenir : Yellow Son et Jonathan semblaient faits pour collaborer, tant leur créativité est débordante et iconoclaste. L'univers de Jonathan est très riche et très personnel, ce passage à la réalisation concrétise un rêve mûrit de longue date.
Le clip met en scène un jeune homme lunaire (sic !) qui s'entraîne dans son appartement, tel un astronaute de la NASA pour préparer sa sortie à l'extérieur. Le clip a la saveur de l'enfance, une enfance qui refuse de s'effacer au profit d'une réalité peut-être trop trop sombre. Notre personnage s'entête à poursuivre ses rêves d'enfant : la conquête spatiale, les astronautes... sans se préoccuper des autres.
Les deux rôles principaux sont tenus par Charlotte Bentz, danseuse et comédienne et Jean-Nicolas Arnoux (le fameux JeanJean de -U- & JeanJean !). Le décor volontairement ancré dans les années 90 (globe terrestre d'écolier, magnéto à bande, Game Boy première génération, téléviseur, etc.) renvoient immanquablement les trentenaires à leur propre enfance, leurs propres rêves, comme pour mieux les interroger sur leurs désirs profonds. Notre personnage se plaît dans son monde, au milieu de ses dessins d'enfants, de ses portraits de cosmonautes accrochés aux murs et de ses maquettes de fusées, ou encore en s'entraînant le plus sérieusement du monde dans sa baignoire ou sur une centrifugeuse bricolée avec une chaise de bureau.
L'influence de Michel Gondry, un maître pour de nombreux jeunes réalisateurs, transparaît dans le côté « bricolage » et la créativité débridée, les films des années 90 aussi (Apollo 13, etc.). L'univers du film n'est pas non plus sans rappeler celui du photographe Philippe Ramette par ses décors sans dessus-dessous. La tenue de Cosmonaute nous est prêtée par le CNES (remerciements !), et Dominique Perrault en personne (architecte de la BNF) nous a cédé les droits d'auteur et de diffusion pour filmer l’esplanade de la Bibliothèque nationale de France.





14 juin 2012
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