Pour le générique de Magnésium, un moyen-métrage d’anticipation réalisé par Jason Arber, le producteur Janey Robinson a laissé carte blanche à notre réalisateur BPhoton. Une opportunité qu’il a su parfaitement mettre à profit pour concevoir un générique audacieux et esthétique.
BPhoton : La production m’a laissé m’approprier le concept du film à partir d’un simple pitch qui tenait en 4 lignes ! Ils n’ont presque rien vu de mon travail avant que le générique ne soit terminé. Ils ont été très agréablement surpris et étonnés du résultat.
ChezEddy : Peux-tu en dire plus sur le film ?
BPhoton : Le réalisateur souhaitant entretenir un certain mystère autour du film et de son scénario, difficile de trop lever le voile sur le sujet. Sachez simplement qu’il s’agit d’une histoire où des robots à usage civil connaissent une véritable révolution...
ChezEddy : Tu as choisi de travailler seul, chez toi dans ton studio, pourquoi ce choix ?
BPhoton : Pour avoir un maximum de souplesse. Je voulais raconter une histoire assez simple qui aille à l’essentiel. Pour coller au plus près du concept du film, j’ai choisi de mettre en scène un laboratoire, avec son aspect usé, sali, où l’on fabrique des bras de robot à partir de squelettes humains. Ca semble artisanal et industriel à la fois, scientifique. Le liquide, très présent dans le générique, apporte une dimension organique, au plus proche de la matière, et qui contraste avec force avec les matériaux techniques : tubes, scalpels et autres poches de sérum.
ChezEddy : Comment le générique a-t-il été réalisé techniquement ?
BPhoton : Avec 3 appareils photos (2 Panasonic GH1 et GH2, 1 Canon 7D) et des optiques Nikon ainsi que deux lampes à LED de bricolage qui permettent d’obtenir une lumière très particulière et très esthétique lorsqu’elle diffuse à travers une matière translucide. Pour les éléments de décor, c’est là encore du bricolage maison : quelques outils, des tubes de jardinerie, du fil électrique, de la limaille de fer, du matériel médical (dont un bras de squelette en résine !) dont il a fallu tirer parti pour créer un véritable univers. Le plus difficile pour moi n’a pas été la réalisation en tant que telle, mais le concept, la cohérence dans la narration, la création d’une vraie tension dramatique. J’ai eu aussi recours à de la 3D pour créer les mouvements de la main.
Pour parvenir au résultat final, il aura fallu tourner énormément. Travailler dans son propre studio autorise une grande souplesse et une vraie réactivité. Je tourne et je monte dans la foulée, ça fonctionne ou pas. Cela permet de tester plein de solutions, d’inventer, c’est une manière très jouissive de fonctionner.
ChezEddy : Professionnellement, ce projet préfigure-t-il d’autres génériques en perspective ?
BPhoton : Avec ce projet j’ai voulu montrer que j’étais capable de réaliser des génériques de films. Concrètement oui, j’aimerais réaliser beaucoup plus de génériques de films à l’avenir ! J’ai toujours fait beaucoup de photos, et je me suis lancé dans l’image de synthèse en sachant qu’un jour je tenterai l’expérience du film, pour toucher à cette qualité particulière que permet le film. L’arrivée d’une nouvelle génération d’appareils photos numériques m’a permis de franchir le pas ; j’attendais ce type de projet depuis longtemps !
ChezEddy : A propos de films, quelles sont tes sources d’inspiration ?
BPhoton : Il y en a 4 : Blade Runner, Aakira, Tron et Brazil. Je suis resté scotché en les découvrant et j’ai du mal à m’en défaire !
8 avril 2011
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